Il était une fois, une fois vraiment ancienne, des myriades d’insectes bourdonnaient dans des forêts marécageuses au nord de l’Europe, sous un climat tropical… Une petite mouche vole d’arbre en arbre, attirée par l’odeur et la couleur de la résine coulant sur le tronc d’un grand pin, elle s’y pose et la voilà engluée. Un dernier battement d’ailes et l’insecte se fige pour l’éternité dans sa prison dorée.

Un long refroidissement et 50 millions d’années plus tard, les glaciers et la mer déposent sur la grève la résine durcie contenant sa victime pétrifiée. La fabuleuse histoire de l’ambre jaune peut commencer.

Son commerce s’organise à partir de 3000 ans avant notre ère. Une chance pour les peuples du nord car ils évoluent dans un milieu rude et hostile peu propice au développement. Ils découvrent ainsi des mondes insoupçonnés : celui des riches civilisations orientales et méditerranéennes. Les pierres magiques, larmes des dieux, attirent les aventuriers et les marchands de toute l’Antiquité.

Caractéristiques minéralogiques de l’ambre jaune

L'ambre est la résine d'un conifère de l'ère tertiaire fossilisée depuis 50 millions d'annéesL’ambre jaune est une gemme organique produite par des processus biologiques. Ce n’est pas un minéral mais on l’inclut traditionnellement dans cette catégorie.

Issu d’une sécrétion végétale polymérisée produite par des conifères très résineux de l’ère tertiaire, il se classe dans le groupe des sédimentaires. L’ambre jaune voisine avec d’autres substances également issues de végétaux, bien que différentes par leur composition ou leur âge : le jais, le lignite et le copal.

L’ambre jaune, résine solidifiée, résiste mal aux chocs, sa dureté est très modérée (2 à 2,5 sur une échelle de 10). Il ramollit à une température de plus de 150° et brûle à 300°.

La couleur de l’ambre jaune peut varier dans ses nuances. On en dénombrerait 200, du jaune très clair au brunâtre en passant par toutes les gammes de caramel et de roux. Son éclat est vitreux, transparent à translucide, souvent troublé par de minuscules bulles.

La résine piège parfois des insectes, des arthropodes, des plumes, des poils ou des résidus végétaux qui se fossilisent avec le temps. Ce phénomène occasionnel d’inclusion préserve parfaitement les petites proies. Il arrive d’observer des moustiques dont l’abdomen a conservé le sang de leurs victimes (sang d’espèces animales peut-être disparues aujourd’hui !).

90 % de l’ambre jaune mondial vient de la mer Baltique, source apparemment intarissable depuis des milliers d’années. L’ambre jaune marin, sous forme de nodules, se ramasse sur les côtes après de fortes tempêtes mais il s’extrait surtout dans des mines à ciel ouvert, comme à Kaliningrad, principal centre d’exploitation (ancien Königsberg de la Prusse orientale).

Ambre jaune en provenance de la mer baltique

Tous les pays bordant la mer Baltique sont concernés par les gisements d’ambre jaune : Allemagne, Danemark, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Pologne, Russie, Suède. Il peut provenir, en moindres quantités, d’autres régions disséminées dans le monde entier.

L’ambre jaune porte souvent un nom en relation avec son origine : la simétite (du fleuve Siméto en Sicile), la roumanite (de Roumanie), la Birmite (de Birmanie)… En France, on a découvert de l’ambre jaune datant du crétacé (dernière période de l’ère secondaire) dans les bassins parisien et aquitain.

Étymologie et signification du mot « ambre »

Le mot ambre vient de l’arabe andalou, anbar ou ambar désignant le parfum. Au Moyen-Age, ambar définit « une substance rejetée par la mer qui exhale une odeur de musc ». Cette appellation se rapporte d’abord exclusivement à l’ambre gris utilisé en parfumerie comme fixateur et adjuvant. Celui-ci, d’origine animale, n’a rien de commun avec l’ambre jaune à part son origine marine.

L’ambre jaune se nommait autrefois succin du nom latin succinum lui-même dérivé de sucus (sève, suc). Une même provenance, la mer, et une odeur particulière ont contribué certainement à la confusion très ancienne de l’appellation ambre pour les deux substances uniquement différenciées par leur couleur. Les termes « succin » et « succinite », finalement plus précis, s’emploient encore pour désigner l’ambre jaune.

L’ambre jaune, à l’origine du mot « électricité »

De son nom grec "élektron", l'ambre jaune est à l'origine du mot 'électricité'Le frottement de l’ambre jaune produit une charge électrique négative apte à attirer de fines particules et à soulever des corps légers. Le savant grec Thalès a décrit en premier cette propriété électrostatique de l’ambre jaune et ses observations sont essentielles dans la compréhension des phénomènes électriques.

Les Grecs anciens appelaient l’ambre jaune élektron, mot qui dérive lui-même d’élektor, « brillant ». En latin, il donnera le mot electrum. C’est en référence à ces propriétés qu’au XVIIème siècle, William Gelbert, savant anglais et médecin de la reine Élisabeth 1ère, empruntera le nom latin de l’ambre jaune, electrum, pour désigner l’électricité.

L’ambre jaune à travers l’histoire

Au mésolithique, il y a environ 10 000 ans, la mer Baltique apparaît à la faveur du réchauffement climatique, et les humains de l’époque experts en chasse et en cueillette ramassent l’ambre échouée sur la grève. L’ambre jaune, très tendre, se travaille facilement, un polissage avec un morceau de cuir lui donne un éclat de soleil magique et surnaturel  : les bijoux et parures apparaissent dès la fin du néolithique, soit environ 5000 avant notre ère. Le troc de village en village conduit rapidement l’ambre jaune loin des rivages du nord.

Vers – 3500 ans, on le retrouve dans toutes les civilisations méditerranéennes. Une épave de cette époque, la plus ancienne jamais retrouvée, en est un témoignage. Ce navire qui a sombré au large de la Turquie transportait des perles d’ambre jaune de la Baltique.

2000 ans plus tard, l’ambre jaune fait l’objet d’un grand commerce international organisé qui emprunte la célèbre « route de l’ambre ». En fait, il existe plusieurs routes. Celle qui relie la Baltique à la Méditerranée par la mer Noire est la plus connue, mais d’autres voies, terrestres ou maritimes, desservent des contrées lointaines jusqu’en extrême-orient.

L'ambre jaune à travers l'histoire : de l'Antiquité à nos jours

L’ambre jaune transite à Mycènes dans le Peloponnèse, cette importante cité marchande préhellénique est belliqueuse et très riche. Les vertus précieuses de « l’or du nord » semblent y avoir fait l’objet d’un culte particulier car des archéologues ont retrouvé des colliers d’ambre jaune balte dans des tombes de rois mycéniens.

L’ambre jaune dans l’Egypte ancienne

L’ambre jaune parcourt 5000 km pour arriver en Égypte. Lumière du monde issue de la création divine, on relève plusieurs fois son nom (chekar) sur les parois du temple de Thoutmosis III à Karnak.

Il accompagne les fumigations d’aromates offertes à Râ le dieu solaire. Le matin, Râ se change en Khépri représentant le soleil levant. Son nom viendrait de Kheprer, (scarabée). L’insecte sacré incarne aussi la vie nouvelle : après sa métamorphose souterraine, il évolue à la lumière du jour. Comme lui, Toutankhamon va accomplir son grand voyage. Dans son sarcophage, il porte autour du cou le symbole de la renaissance, un scarabée ailé, ciselé dans de l’ambre jaune très foncé orné de lapis-lazuli.

Morceau d'ambre jaune avec inclusion d'un insecte fossiliséL’ambre jaune dans l’Antiquité grecque et romaine

Les amulettes et colliers en ambre jaune se portent déjà sous l’Antiquité dans une visée thérapeutique. On l’utilise contre le goître, les maux de dents et de gorge. Ces usages se retrouvent aujourd’hui encore dans la lithothérapie moderne.

Mais l’origine et la provenance de l’ambre jaune restent souvent obscures pour les citoyens grecs et romains. Même les personnages cultivés se perdent en conjectures et les interprétations mythologiques et les discours farfelus ne manquent pas.

Pline l’Ancien, naturaliste romain du 1er siècle de notre ère, énumère les versions des uns et des autres avec humour et sagacité :

– Des poètes, parmi lesquels Eschyle et Euripide, prétendent que l’ambre jaune vient des larmes des sœurs de Phaéton, les Héliades. Avant d’être transformées en peupliers, elles pleuraient leur frère foudroyé et tombé avec son char dans le fleuve Eridane que nous appelons le Pô. C’est faux !

– D’autres pensent que les îles fournissant de l’ambre jaune sont « les Electrides » sur l’adriatique mais il n’y a pas d’îles appelées ainsi !

– Philémon dit que c’est une matière fossile qui vient de Scythie (vaste territoire au nord de la mer Noire) et qu’on l’appelle « electrum », à un autre endroit, on en trouverait de plus jaune appelé « subalternicum ».

– Démostrate appelle l’ambre « lyncurion » parce qu’il viendrait selon lui de l’urine de lynx et que la couleur différerait selon le sexe de l’animal !

– Selon Sophocle, l’ambre jaune vient des Indes, il est fait des larmes des Méléagrides, des oiseaux qui viennent là, pleurer la mort de Méléagre.

A cette dernière affirmation, Pline s’indigne :

« Comment un tragédien de si grande réputation, né à Athènes, issu d’une illustre famille, peut avoir une opinion aussi absurde ! Trouverait-on même un enfant assez stupide pour le persuader que des oiseaux pleurent chaque année et que leur larmes soient assez abondantes pour produire toute l’ambre que nous avons. Croire aussi, que de la Grèce où périt Méléagre, les oiseaux soient allés jusqu’aux Indes pour pleurer sa mort ! Les poètes nous content beaucoup de fables mais avancer sérieusement une telle sottise c’est se moquer du monde et mentir avec effronterie. »

Il nous livre ensuite sa vérité pleine de bon sens :

« Il est sûr que l’ambre que les germains appellent glessum, vient de certaines îles de Germanie appelés Glessaria (les îles de la Frise). L’ambre est produit et découle de la moelle de certains arbres semblables aux pins ; de même que la gomme est produite par les cerisiers, la résine l’est par les pins. D’abord c’est une liqueur qui sort en abondance, ensuite elle se congèle par le froid. Lorsque la marée monte, elle enlève des morceaux et la pousse vers les côtes de Germanie et nos prédécesseurs tenaient pour certain que c’était le suc d’un arbre et la nommèrent à cause de cela « succin ». Ce qui montre que le succin provient d’une sorte de pin c’est que si on le frotte, il a l’odeur de cet arbre et quand on y met le feu, il brûle comme une torche et rend la même odeur.  L’ambre arrive de Germanie par l’Adriatique puis par l’Italie, ce qui explique la fable des peupliers qui versent des larmes près du Pô…»

Les textes de l’antiquité romaine nous transmettent bien d’autres anecdotes :

  • On apprend que le « succin » le plus estimé est le Falerne, du nom du vin renommé de Falerne (Italie du sud) au coloris diaphane et doux.
  • Des boutons d’ambre jaune fixeraient les filets tendus dans les arènes de l’empereur Néron, les armes et tout ce qui sert aux jeux du cirque seraient également en ambre.
  • Enfin, il paraît qu’en Inde, l’ambre jaune se polit en le faisant bouillir dans de la graisse de cochon de lait.

L’ambre jaune au cours du Moyen-Age

Au Moyen-Age, l’ambre jaune est le quasi monopole des chevaliers de l’Ordre Teutonique fixé en Prusse à Königsberg. Ils fondent un centre de tourneurs d’ambre à Bruges. Toute la chrétienté s’y approvisionne en chapelets ou en petites images de sainteté gravées à l’effigie de « Nostre Dame », sainte Marguerite ou autres saints vénérés.

Saint-Louis possède certainement ces objets religieux protecteurs mais il apprécie aussi l’ambre jaune dans la décoration luxueuse et profane : un prince arabe lui a offert un jeu d’échecs en cristal de roche enjolivé d’ambre et aux fixations d’or fin.

Moustiques pris dans de l'ambre datant de deux périodes différentes (Miocène et Éocène)

Sur le plan de la lithothérapie, on constatera qu’au Moyen-Age, l’huile de succin, obtenue par distillation et le sel volatile de succin s’utilisent comme anti-spasmodique. Le pouvoir assainissant de l’essence de pin est remarqué également et les fumigations des maisons à l’ambre jaune protègent des terribles peste et choléra.

Le mystère de la Chambre d’ambre

Au XVIIIème siècle, Frédéric-Guillaume 1er de Prusse disposant à loisir de cette richesse, décide de décorer entièrement le fumoir du palais royal de Berlin avec des panneaux sculptés en ambre jaune. Plus tard, l’œuvre d’art est offerte au Tsar Pierre Ier. Après un long voyage, les chevaux et les charrettes lourdement chargés du splendide cadeau diplomatique arrivent à Saint-Pétersbourg.

Quelques décennies plus tard, nouveau déménagement : la Grande Catherine installe les panneaux au palais de Tsarkoye Selo. La salle est gigantesque, on ajoute d’autres placages et des colonnes décorées de miroirs vénitiens à base d’ambre jaune.

Le Chambre d'Ambre et ses mystères ont traversé l'histoire

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis reprennent l’ancien cadeau (et les suppléments) et ramènent le tout au château de Königsberg qui prendra feu sous les bombardements. Les magnifiques panneaux d’ambre jaune disparaissent, probablement brûlés – ou peut-être cachés ? On l’ignore encore à ce jour…

Le gouvernement russe décide la reconstruction à l’identique du placage de la merveilleuse chambre d’ambre, le projet est un gouffre financier qui s’achève enfin en 2003 grâce a l’intervention d’un mécène allemand.

Vertus et bienfaits de l’ambre jaune en lithothérapie

L’utilisation de l’ambre jaune en médecine est certainement aussi ancienne que sa découverte. Son aspect brillant et pailleté, ses propriétés électrostatiques fascinantes suscitent un grand intérêt. C’est aujourd’hui une gemme particulièrement appréciée en lithothérapie pour ses nombreuses propriétés et vertus, aussi bien sur le plan physique que spirituel. Elle est associée au chakra du plexus solaire.

Bienfaits de l'ambre contre les maux physiques - Lithothérapie en Ligne

Les bienfaits de l’ambre contre les maux physiques

Affections et maladies de la peau

L’ambre jaune aide à soigner une pluralité de problèmes dermatologiques : eczéma, zona, acné, érysipèle, éruptions cutanées, furoncles, abcèsdémangeaisons… Vous pouvez l’utiliser soit en application directe sur les parties concernées, soit sous forme d’élixir. Il est à noter que l’ambre est également réputé pour ses vertus antibiotiques et antiseptiques naturelles.

Soulagement de la douleur

L’ambre jaune est particulièrement recherché en lithothérapie pour ses vertus antalgiques. De manière générale, il aide à apaiser la douleur, quelle qu’en soit l’origine. On le conseillera pour soulager aussi bien des névralgies dues à des blessures ou brûlures, que celles liées aux rhumatismes, à la goutte, ou encore à une rage de dents. L’ambre est également recommandé pour traiter et prévenir les migraines.

Poussées dentaires douloureuses

Les colliers de perles d’ambre jaune sont traditionnellement recommandés pour les nourrissons et petits enfants, notamment en cas de poussées dentaires douloureuses. Toutefois, ne laissez pas un enfant portant un collier sans surveillance. Il est préférable de le retirer la nuit et pendant les siestes, en raison des risques de strangulation ou d’ingestion de perles pour les plus grands.

Bouche, gorge et oreilles

L’ambre jaune est également réputé en lithothérapie pour l’aide qu’il apporte dans le soin des aphtes, des affections de la gorge, en cas d’inflammation des amygdales ou de laryngite. Il soulage les angines et tous maux de gorge, améliore le fonctionnement de la thyroïde (goître), soigne les otites.

Manifestations allergiques

On recommande l’ambre jaune pour prévenir et apaiser les allergies et les conditions aggravées par les allergènes, comme c’est le cas pour l’asthme. Il fait des merveilles notamment contre les allergies aux animaux, le rhume des foins et les allergies causées par les pollens.

Renforcement du système immunitaire et effets régénérateurs

L’élixir d’ambre jaune est un excellent dépuratif pour les cellules et stimule le fonctionnement des glandes endocrines, des reins et de la vessie. Il renforce le système immunitaire et régule notamment les mécanismes d’anémie. Il hâte le processus de guérison des blessures et aide enfin à se défaire des mécanismes d’addiction.

Vertus de l'ambre sur le psychisme - Lithothérapie en Ligne

Les bienfaits de l’ambre sur le psychisme et le relationnel

Effet antidépresseur

Pierre purificatrice, l’ambre jaune absorbe le mal-être, redonne énergie, courage et dynamisme. Elle est conseillée pour les personnes souffrant de déprime, de dépression ou de tendances suicidaires. Elle favorise le bien-être et un état mental positif.

Sagesse, sérénité et confiance en soi

Son énergie chaleureuse dissipe les angoisses et favorise la sérénité et la sagesse de celui ou celle qui le porte. Cette pierre solaire est excellente pour raffermir et développer la confiance en soi. Elle apporte également la patience, la clarté d’esprit et sait renforcer la motivation de ceux qui en manquent pour les aider à atteindre leurs objectifs.

Purification et rechargement de l’ambre jaune

Comme les autres gemmes de lithothérapie, et bien qu’il ne s’agisse pas d’une espèce minérale à proprement parler, l’ambre jaune a besoin d’être régulièrement déchargé et purifié. Pour cela, placez-le sous l’eau courant pendant 15 minutes, ou dans un grand bol d’eau pendant la nuit.  Il ne tolère aucun acide, lessive, alcool ou parfum, le mieux est de le rincer à l’eau douce uniquement. Évitez-lui les expositions solaires.

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