L’amazonite, pierre de vérité en lithothérapie, a connu une longue quête d’identité. On la confond avec le jade et même avec la plus précieuse des pierres vertes : l’émeraude. Sa teinte claire vert céladon parcourue de reflets argentés la différencie pourtant de toutes les autres.

Avant de découvrir les aventures du nouveau monde, elle évoque la fraîcheur éclatante de la fleur de lotus pour l’Égypte des pharaons. Elle conserve longtemps l’empreinte des mystérieuses contrées de l’Antiquité, d’ailleurs ne serait-elle pas la mythique « émeraude du pays des Garamantes » ?

Caractéristiques minéralogiques de l’amazonite

L’amazonite appartient au groupe des feldspaths et au sous-groupe des feldspaths potassiques lui-même divisé en 3 familles. L’amazonite se classe dans la famille des microclines dont les cristaux sont extrêmement répandus sur l’écorce terrestre. Ils peuvent atteindre un volume considérable et mesurer parfois plusieurs mètres de long, cependant leur taille moyenne n’excède pas 10 cm. Leur forme est, le plus souvent, prismatique ou tabulaire. On les trouve dans les roches magmatiques (provenant du refroidissement du magma) comme les granits, les pegmatites et les syénites, ou dans les roches métamorphiques (roches transformées par la chaleur ou sous l’effet de pressions intenses) telles que les schistes ou les gneiss. Le processus de cristallisation peut aussi avoir lieu à partir de filons hydrothermaux.

Caractéristiques Minéralogiques de l'Amazonite | Lithothérapie en Ligne

La dureté de l’amazonite est moyenne : 6/6,5 sur une échelle de 10. Son apparence est translucide et son éclat défini comme vitreux, parfois nacré ou perlé sur les clivages. Son système cristallin est dit « triclinique ». Les systèmes cristallins déterminent l’orientation des faces des cristaux. On en dénombre sept et le système triclinique caractérise la forme la plus aléatoire, la moins symétrique.

Il existe des microclines de différentes couleurs mais la plus remarquable est celle de l’amazonite. Sa teinte vert-bleu est dite « vert céladon », « vert d’eau » ou « vert poire ». Elle se présente parfois mouchetée ou pailletée de vert plus clair ou de blanc. La plupart des microclines servent à fabriquer de la porcelaine, du verre ou des émaux. Il en va tout autrement avec l’amazonite ; son aspect satiné et la fraîcheur de sa couleur la destine à la décoration et à la joaillerie. Elle se polie très bien et se taille uniquement en cabochon car sa fragilité exclue les tailles à facettes.

Confusions possibles

L’amazonite peut être confondue avec toutes les pierres bleues ou vertes et en premier lieu avec le jade et la turquoise. Lorsqu’elle est malencontreusement ponctuée de petits points noirs, elle peut être prise pour une serpentine.

Composition de l’amazonite

Elle contient de la silice, de l’alumine, de la chaux, des oxydes de fer et de la potasse. On doit son analyse à Louis-Nicolas Vauquelin (1763-1829). Né dans une modeste famille, ce grand chimiste, découvreur du chrome, est un travailleur inlassable et curieux de tout. Le savant Georges Cuvier disait de lui : « Il est chimiste chaque jour de sa vie et pendant la durée de chaque jour ». En 1803, il devient la première personne civile à recevoir la Légion d’honneur.

Provenance de l’amazonite

On trouve principalement de l’amazonite en provenance des lieux et pays suivants :

  • Brésil (Minas Gerais).
  • U.S.A (Colorado, sites de Lake George, Pikes Peak…), où on la trouve en association étonnante avec le quartz fumé.
Amazonite sur Quartz Fumé | Lithothérapie en Ligne

Crédit Photo: Géry Parent [Copyrighted Free Use]

  • Inde.
  • Russie (Monts Illmen dans l’Oural, Sibérie).
  • Afrique du Sud.
  • Ethiopie.
  • Kénya.
  • Madagascar.
  • Namibie.
  • Tanzanie.
  • Zimbabwe.
  • Corse (Prunelli di Fium’Orbu).

L’amazonite à travers l’histoire

L’Amazonite et l’Afrique

Avant de prendre le nom d’une région sud-américaine saturée d’humidité, l’amazonite a connu son heure de gloire sous d’autres cieux plus arides : le Sahara. Grâce à la sécheresse atmosphérique et au manque d’activités humaines, l’immense désert du nord de l’Afrique a conservé de nombreux sites néolithiques. Précisons quand même que le climat régnant sur le Sahara à cette période (env. 8000 avant JC) n’est pas comparable avec celui que nous connaissons. Au contraire, la région est verte et hospitalière. Ces conditions agréables favorisent l’implantation de divers groupes ethniques et le développement de leur savoir. De nombreux gisements sont exploités parmi lesquels les mines d’amazonite, très prisée pour sa couleur gaie et vibrante. Adroitement taillée et polie, on la transforme déjà en amulettes protectrices et plus encore en perles de colliers ou de bracelets.

Ces gisements sont répartis dans tout le Sahara. Ils se situent, par exemple, dans le désert de Tanezrouft (Algérie), à Oudâne (Mauritanie), dans la vallée de Tilemsi (Mali) et dans tout le massif de l’Aïr au Niger. Les plus connus se trouvent sur le territoire de la Libye actuelle. Les archéologues découvrent des traces importantes de l’exploitation de l’amazonite dans la région du Fezzan et du Tibesti. On a retrouvé dans la mine d’Eguei-Zoumma des installations destinées à la fabrication sur place des perles d’amazonite. Ces ateliers abritaient encore de nombreux outils, notamment des meules dormantes et des broyeurs.

Cette région est habitée très tôt par le peuple des Garamantes. Les auteurs grecs et latins ont souvent évoqué cet ancien royaume indépendant. Des fouilles ont confirmé la grande compétence des Garamantes dans l’architecture et l’agronomie. Ils aiment passionnément les bijoux et les pierreries et on raconte qu’ils posséderaient, en abondance, des émeraudes extraordinaires. Pourtant aucun écrit ancien n’y fait allusion. Les mystérieuses émeraudes garamantiques suscitent un vif intérêt mais on ignore qui en a parlé le premier et surtout personne ne les a vues. Le grand spécialiste du Sahara, l’explorateur scientifique Théodore Monod, né au début du XXème siècle, s’est interrogé sur ces fameuses pierres précieuses. Après sa découverte des mines d’amazonites d’Eguei-Zoumma et en l’absence de gisements d’émeraudes dans cette contrée, il comprend que les merveilleuses pierres des garamantes n’étaient, en réalité, que de très belles amazonites.

Ce mythe a pu naître facilement si on considère que la plupart des pierres vertes sont désignées par les anciens auteurs par Smaragdus. Le naturaliste romain Pline décrit une sorte d’émeraude à veines blanches, la galactite et fait brièvement allusion à la lépidotis (signifiant pierre à écailles) dont l’aspect lamellaire pourrait correspondre a un feldspath.

Pline déclare aussi : « aucune couleur n’est plus agréable que le vert ». Cet attrait vient probablement de l’ancienne Égypte qui considère le vert comme une couleur extrêmement bénéfique. Les pierres vertes, notamment, symbolisent le renouveau, la vigueur et même l’éternelle jeunesse. Les Egyptiens connaissent parfaitement l’amazonite qui tient une place prépondérante dans le culte des morts.

Amulettes en amazonite du visir Paser | Lithothérapie en Ligne

Dès le XIXème siècle, les fouilles archéologiques des français Jacques de Morgan à la nécropole de Dahchour et celles d’Auguste Mariette sur le site des taureaux sacrés à Saqqarah révèlent quantité d’objets en amazonite. En visitant nos musées, on pourra admirer ces statuettes, ces colliers de perles ou ces bagues ornées de scarabée bleu-vert. Certaines amulettes exposées présentent un intérêt particulier car elles reflètent l’importance que tient l’amazonite dans les rites funéraires.

Le Livre des Morts, sorte de guide de voyage vers l’au-delà, recommande aux chapitres 159 et 160, d’utiliser l’amazonite pour réaliser l’amulette protectrice nommée ouadj. Ce petit pendentif gravé, placé au cou des momies, possède une forme colonnaire représentant une fleur de lotus sur tige ou un papyrus. Les prescriptions hiéroglyphiques du Livre des Morts nous révèlent ainsi que l’amazonite bienfaisante et sacrée du temps des pharaons s’appelle neschem.

L’ornement le plus célèbre reste le masque de Toutânkhamon (vers -1300 avant JC). Le buste est recouvert du grand collier protecteur et libérateur nommé ousekh. Deux grosses attaches d’or, représentant le dieu faucon Horus, fixent sur les épaules les douze rangs de perles en lapis lazuli, quartz et amazonite.

Touthankhamon et le collier Ousekh en amazonite | Lithothérapie en Ligne

L’amazonite égyptienne provient des mines du Djebel Migif au sud-est de l’Égypte ou du pays voisin des Garamantes dont on a parlé plus haut. Elle peut venir aussi d’Afrique de l’Ouest où le commerce des pierres est déjà très intense. Cette activité se poursuit de siècles en siècles jusqu’au Moyen-Âge où la ville de Tombouctou devient la plus grande plate-forme de transit de produits raffinés. On y trouve de l’ivoire, de l’encens, des parfums rares et parmi les bijoux précieux, des perles d’amazonite.

L’Amazonite et l’Asie

L’Egypte antique peut s’approvisionner dans des territoires plus lointains encore. L’amazonite vient parfois du centre de l’Asie : de l’Oural, de la Sibérie et d’une région située aux confins de la Mongolie et de la Chine, l’Altaï.

Les Asiatiques utilisent également l’amazonite depuis la nuit des temps. Les Chinois la destinent à la fabrication d’un certain type d’instruments de musique traditionnels nommé king.

Au XVIIIème siècle, sous l’impulsion de l’impératrice Catherine II, de nouveaux gisements russes sont découverts et l’essentiel de l’amazonite extraite à cette époque sortira de ces filons. On l’appelle krin-spath (spath vert). Il en existerait de trois sortes : la première d’un beau vert vif, la deuxième d’une teinte plus pâle et légèrement aventurinée (pailletée), et une autre de moindre intérêt. Les plus avenantes deviennent des bijoux ou divers objets décoratifs, éventuellement gravés, comme des tabatières, des vases, des bonbonnières…

L’Amazonite et l’Amérique

L’amazonite, ou plutôt la pierre des amazones, ne portera évidemment ce nom qu’après la découverte du fleuve Amazone au XVIème siècle. Cette pierre aurait été découverte pour la première fois chez les cannibales Tupinambas vivant en bordure de la rivière Marañon au Pérou. Les eaux tumultueuses de cette rivière mêlées à celles de l’Ucayali, forment le plus long fleuve du monde, l’Amazone.

Le Fleuve Amazone | Lithothérapie en Ligne

En réalité, il n’y a jamais eu, à proprement parlé, de véritables gisements d’amazonites sur les rives de l’Amazone. Les peuples amérindiens en disposent pourtant depuis toujours et elle semble tenir une place importante dans leurs traditions.

Les premiers explorateurs européens racontent que les amérindiens Galibis (appelés aujourd’hui Kalin’na) de Guyane et du Suriname, éprouvent une véritable vénération pour cette pierre qu’ils nomment takouraves. Elle serait pour eux plus précieuse que l’or.

L’amazonite tient également une grande place dans la civilisation Maya. A la manière des Égyptiens, elle intervient dans les rites funéraires pour favoriser la vie éternelle du défunt. De nombreux masques mortuaires recouverts de pierres vertes ont été retrouvé. Le masque de Malinaltepec (Mexique) découvert dans une grotte en 1921 date de cinq siècles avant JC. Le visage taillé dans de la roche volcanique arbore une peinture rituelle faite de coquillages rouges sur un fond recouvert de mosaïque bleu-vert, mélange de turquoises et d’amazonites.

A partir du XVIIIème siècle, la pierre des Amazones figure dans tous les ouvrages scientifiques. Les plus grands spécialistes du moment, de Buffon à Romé de l’Isle la décrive comme étant une espèce de jade néphrite vert foncé. Le savant autrichien Ignace de Born (1742-1791) sème le doute et déclenche une querelle d’experts en annonçant que cette pierre des amazones est la même pierre que le feldspath vert sibérien.

Le même nom générique a pu être donné, par inadvertance, à deux minéraux de semblable couleur mais de composition différente. La confusion règne un temps dans les manuels de minéralogie puis on finit par réserver le nom de « pierre des amazones » au feldspath vert originaire d’Amérique. Plus tard, tous les autres, d’où qu’ils viennent, deviendront aussi des amazonites.

Étymologie du mot “amazonite”

Francisco de Orellana est le premier européen à avoir navigué sur la totalité du fleuve Amazone. Fin 1540, il est envoyé en reconnaissance sur la rivière Marañon afin de ramener quelques nourritures aux conquistadors affamés. Ne trouvant rien, emporté par sa soif de découvertes, il décide de pousser plus loin et entreprends la descente du fleuve qu’il voit couler devant lui. Après avoir connu mille aventures abominables et s’être nourris de cuir bouilli et d’herbes sauvages, les survivants de ce pauvre équipage arrivent à la mer en août 1541.

Pierre roulée en amazonite | Lithothérapie en Ligne

Orellana raconte, entre autres anecdotes fabuleuses, avoir rencontré une armée de femmes guerrières pareilles aux Amazones de l’Antiquité. De ce récit, naîtra la rivière des Amazones ainsi que la pierre des amazones devenues l’Amazone et l’amazonite.

Il n’y a jamais eu d’Amazones en Amazonie, les explorateurs n’ont vu que des indigènes sans barbe. Quant aux « véritables » Amazones, elles appartiennent à la mythologie grecque. On admet cependant qu’une part de réalité est plausible. L’historien Hérodote (4 siècles av. JC) a décrit cette tribu de femmes belliqueuses. Elles ne pensent qu’à la guerre et passent leur temps à chevaucher dans les plaines de l’embouchure du Thermodon (aujourd’hui rivière turque). On a pensé longtemps que le mot amazone signifiait « privé d’un sein » mais cette explication n’est plus retenue. Il désignerait plutôt le nom oublié du lieu où elles sont censées avoir vécues. Le fleuve Thermodon serait-il le premier fleuve Amazone ?

L’amazonite en lithothérapie

La lithothérapie place l’amazonite parmi les pierres les plus vertueuses car elle représente le courage et la vérité. Telle qu’elle est, fraîche et pétillante, l’amazonite apporte une dose de jouvence et l’espoir d’un éternel recommencement. Elle ouvre les chakras de la gorge et du cœur. Elle est réputée pour absorber les rayonnements électro-magnétiques, vous pouvez la fixer sur votre portable ou votre ordinateur.

Les bienfaits de l’amazonite contre les maux physiques

  • Favorise la régénération cellulaire.
  • Active la guérison des blessures.
  • Stimule la convalescence.
  • Calme les éruptions cutanées (acné).
  • Fortifie les phanères (cheveux, ongles).
  • Soulage toutes les inflammations de la sphère O.R.L.

Les bienfaits de l’amazonite sur le psychisme et le relationnel

  • Apaise l’anxiété et les effets des traumatismes.
  • Dissipe les énergies néfastes.
  • Encourage l’expression créative.
  • Améliore la confiance en soi et la détermination.
  • Renforce l’empathie et la capacité d’écoute.
  • Aide à affronter le jugement des autres.
  • Estompe le ressentiment et les jalousies.
  • Favorise une perception juste des choses et permet de considérer un problème sous tous ces aspects.

L’élixir d’amazonite est utilisé pour combattre l’ostéoporose, la spasmophilie et les carences en calcium en général.

Purification et rechargement de l’amazonite

L’amazonite se purifie à l’eau, ordinaire ou mieux déminéralisée, mais de préférence non salée. Elle se recharge simplement au soleil ou dans un amas de quartz.

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